Samedi 31 octobre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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Publié dans : Poésie
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Les crépuscules qui de septembre à octobre ont éclairé mes soirs et mes matins ne sont plus. Les nuits sombres ou étoilées de novembre vont
suivre. Voici donc, d´Edvard Munch, Nuit étoilée (1922-24). En cette veille du 1er novembre, je l´associerai à Densité 21,5
d´Edgar Varèse (1936) et à Dans la nuit d´Henri Michaux (1938) :
Dans la nuit
Dans la
nuit
Je me suis uni à la nuit
À la nuit sans limites
À la nuit
Mienne, belle, mienne
Nuit
Nuit de naissance
Qui m´emplit de mon cri
De mes épis.
Toi qui m´envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fume, es fort dense
Et mugis
Es la nuit.
Nuit qui gît, nuit implacable.
Et sa fanfare, et sa plage
Sa plage en haut, sa plage partout,
Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie
sous lui
Sous lui, sous plus ténu qu´un fil
Sous la nuit
La Nuit
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Liens possibles :
- Munch et
Mallarmé
- Forêt d´ormes en
automne
- D´Edgar Varèse Densité 21,5 pour flûte seule (Laura
Pou)
http://www.youtube.com/watch?v=cCFk0f8szes&feature=related
Jeudi 29 octobre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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Publié dans : Poésie
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Qui n´a, comme Balzac, "accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot" ? Le givre désormais couvre mes arbres et leur mousse. Je n´ai
besoin de rien pour voyager très loin. J´y joindrai cependant deux poèmes chinois de Wang Wei (701-761), pour qui paysages sont miroirs de coeur :
Jour après jour, l´homme vieillit,
Année après année, le printemps s´en va.
Réjouissons-nous devant la coupe de vin,
Ne nous affligeons pas des fleurs tombantes.
Au poème précédent j´ajouterai le suivant, illustré de Temple en montagne du peintre Li-Chen (Xe siècle) :
Les collines sont si loin; personne n´est en vue.
Mais d´où vient l´écho des voix que j´entends ?
Les rayons obliques du couchant percent la forêt,
Et dans leurs reflets verts la mousse apparaît.
[Traducteurs non cités]
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Autre lien :- La Gloriette aux bambous
- Lisières du
givre
Mercredi 28 octobre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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Publié dans : Saveur des mots
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Les clichés comme les mots naissent, vivent et meurent. Pierre-Marc de Biasi le sait mieux que personne. Dans le tome 1 de son Lexique de l´actuel, sous-titré
Quelques idées reçus de notre temps, (Calmann-Lévy, 2005, 351 pages, 19.50 €), il en recense 13, qui vont d` antisémitisme à virus, en passant par
consensus et gouvernance. L´érudition est sans failles, et l´humour affleure souvent ; c´est dire le bonheur qu´on éprouve à le lire.
Il remonte toujours à l´étymologie, et n´omet jamais, comme le font avec pertinence Le Grand et Le Petit Robert, de préciser la première occurence écrite, et
encore moins les différents sens que le mot ou l´expression a pris au cours des siècles.
Mieux qu´un long discours, je me contenterai, pour bien faire comprendre son propos de débusqueur de mots à double-fonds, de citer le dernier paragraphe de sa courte introduction :
Bien que l´entreprise tienne un peu du "bêtisier", le ton ne sera pas à la diatribe ou à l´ironie facile. Simple prudence, car, s´agissant de la bêtise qui habite notre lexique, nul n´est à
l´abri, et moins que tout autre celui qui tient ici la plume. Mais on n´optera pas non plus pour le consensus académique ou pour unanimité grégaire du politiquement correct, car au fond, que
cherchons-nous dans toute cette affaire ? Juste à dresser l inventaire des clichés qui nous tiennent lieu de pensée : à la manière de Flaubert, recenser quelques entrées d´un dictionnaire qui
pourrait bien être celui des "idées reçues" de notre temps".
Autre lien : -
Hors-saison
- Umberto Eco
Mardi 27 octobre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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Publié dans : Réflexions de retraité
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La Collection Découvertes/Gallimard s´adresse autant aux adultes qu´aux adolescents. L´illustration est privilégiée, mais le texte n´est pas oublié, bien au contraire.
Court et précis, il met remarquablement en valeur le document sélectionné. La vie culturelle dans la France occupée, d´Olivier Barrot et Raymond Chirat (2009,
160 pages, 14,50 €) est a cet égard admirable. Il ne contient pas moins de 175 documents. Mais l´ouvrage montre aussi à l´évidence que pour être véritablement compris, le document doit être
commenté et replacé dans son contexte, ce que font à merveille Olivier Barrot et Raymond Chirat. C´est dire que l´illustration ne prend son sens que grâce au
texte qui l´accompagne. C´est aussi, en conséquence, une belle leçon qu´ils donnent à ceux et celles qui croient que d´être entré dans la civilisation de l´image dispenserait de lire.
Contrairement à ce que l´on croit savoir de cette époque qui s´efface inexorablement de la mémoire mais que l´Histoire n´a pas encore totalement digérée tant les zones d´ombres sont nombreuses,
la France de 1940 à 45 n´était pas coupée en deux, avec d´un côté ceux qui collaboraient et de l´autre ceux qui résistaient, mais bien plutôt en trois, avec au milieu l´immense
majorité qui, aux côtés de l´occupant, s´accomodait et composait ; - et qui, pour survivre, oublier et se distraire, fréquentait cinémas, théâtres et salles de concerts ; - ou dévorait ce que la
presse et les maisons d´édition laissaient paraître, ou que les ondes diffusaient.
Ce petit volume sans prétention est salutaire. Il replace dans son contexte ce que la plupart des jeunes ont sûrement du mal aujourd´hui à imaginer, et ce que les anciens cherchent sans doute à
ne pas trop rappeler.
À lire donc, pour mieux comprendre cette époque douloureuse, et garder en mémoire cette terrible dernière phrase de La Peste de Camus alors que la foule en
allégresse célèbre la victoire : Car [Rieux] savait ce que cette foule en joie ignorait, et que l´on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne
disparaît jamais, qu´il peut rester pendant des dizaines d´années endormi dans les meubles et le linge, qu´il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les
paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l´enseignement des hommes, la peste réveilleraiet ses rats et les enverrait mourir dans une cité
heureuse".
Autre lien : - Le journal d´Hélène Berr
- Le liseur
- Feuillets d´Hypnos