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Citations

1) "Il y a plus de vérité dans les souvenirs que dans la notation quotidienne." (Roger Martin du Gard)

2) "L'enfance, c'est d'abord l'intensité." (Philippe Delerm)

3) "L'Art ne restitue pas le visible, il rend visible." (Paul Klee et Nathalie Sarraute)

4) "Il y a des jours où les citrouilles ne sont que des citrouilles." (Philippe Delerm)

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Samedi 31 octobre 2009
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Poésie - Voir les 2 commentaires
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Les crépuscules qui de septembre à octobre ont éclairé mes soirs et mes matins ne sont plus. Les nuits sombres ou étoilées de novembre vont suivre. Voici donc, d´Edvard Munch, Nuit étoilée (1922-24). En cette veille du 1er novembre, je l´associerai à Densité 21,5Edgar Varèse (1936) et à Dans la nuitHenri Michaux (1938) :

    Dans la nuit

    Dans la nuit                        

    Je me suis uni à la nuit

    À la nuit sans limites

    À la nuit

   
    Mienne, belle, mienne

   
    Nuit

    Nuit de naissance

    Qui m´emplit de mon cri

    De mes épis.

    Toi qui m´envahis

    Qui fais houle houle

    Qui fais houle tout autour

    Et fume, es fort dense

    Et mugis

    Es la nuit.

    Nuit qui gît, nuit implacable.
    Et sa fanfare, et sa plage

    Sa plage en haut, sa plage partout,

    Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie

          sous lui

    Sous lui, sous plus ténu qu´un fil

    Sous la nuit

    La Nuit

                 ****
 Liens possibles :
 - Munch et Mallarmé  
  - Forêt d´ormes en automne
     - D´Edgar Varèse Densité 21,5 pour flûte seule (Laura Pou)

        http://www.youtube.com/watch?v=cCFk0f8szes&feature=related

Vendredi 30 octobre 2009
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Peinture - Voir les 2 commentaires
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À la différence d´autres peintres, Picasso n´a pas "été qu´un oeil ; mais quel oeil !"

Autoportrait ci-contre, crayonné en 1972 alors qu´il avait plus de 90 ans, révèle pour moi, bien mieux que n´importe quel autre autoportrait, l´oeil qu´il était ; - et sa fascination qu´il avait pour les scènes en abîme, qu´il révèle d´une manière encore plus magistrale dans 

Le Peintre et l´Enfant de 1969, car on peut aussi bien y voir le père de Picasso offrant à l´enfant précoce qu´il était ses pinceaux, que Picasso lui-même, transmettant à l´enfance le soin de continuer. Quel beau testament !

Autres liens : - Egon Schiele
 - Edvard Munch
Jeudi 29 octobre 2009
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Poésie - Voir les commentaires
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Qui n´a, comme Balzac, "accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot" ? Le givre désormais couvre mes arbres et leur mousse. Je n´ai besoin de rien pour voyager très loin. J´y joindrai cependant deux poèmes chinois de Wang Wei (701-761), pour qui paysages sont miroirs de coeur :

   Jour après jour, l´homme vieillit,

   Année après année, le printemps s´en va.
   Réjouissons-nous devant la coupe de vin,
   Ne nous affligeons pas des fleurs tombantes.

Au poème précédent j´ajouterai le suivant, illustré de Temple en montagne du peintre Li-Chen (Xe siècle) :

 

   Les collines sont si loin; personne n´est en vue.
   Mais d´où vient l´écho des voix que j´entends ?
   Les rayons obliques du couchant percent la forêt,
   Et dans leurs reflets verts la mousse apparaît.
                         
[Traducteurs non cités] 
                                   
                                           ***
Autre lien :- La Gloriette aux bambous
 - Lisières du givre

Mercredi 28 octobre 2009
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Saveur des mots - Voir les 2 commentaires
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Les clichés comme les mots naissent, vivent et meurent. Pierre-Marc de Biasi le sait mieux que personne. Dans le tome 1 de son Lexique de l´actuel, sous-titré Quelques idées reçus de notre temps, (Calmann-Lévy, 2005, 351 pages, 19.50 €), il en recense 13, qui vont d` antisémitisme à virus, en passant par consensus et gouvernance. L´érudition est sans failles, et l´humour affleure souvent ; c´est dire le bonheur qu´on éprouve à le lire.

Il remonte toujours à l´étymologie, et n´omet jamais, comme le font avec pertinence Le Grand et Le Petit Robert, de préciser la première occurence écrite, et encore moins les différents sens que le mot ou l´expression a pris au cours des siècles.

Mieux qu´un long discours, je me contenterai, pour bien faire comprendre son propos de débusqueur de mots à double-fonds, de citer le dernier paragraphe de sa courte introduction :

Bien que l´entreprise tienne un peu du "bêtisier", le ton ne sera pas à la diatribe ou à l´ironie facile. Simple prudence, car, s´agissant de la bêtise qui habite notre lexique, nul n´est à l´abri, et moins que tout autre celui qui tient ici la plume. Mais on n´optera pas non plus pour le consensus académique ou pour unanimité grégaire du politiquement correct, car au fond, que cherchons-nous dans toute cette affaire ? Juste à dresser l inventaire des clichés qui nous tiennent lieu de pensée : à la manière de Flaubert, recenser quelques entrées d´un dictionnaire qui pourrait bien être celui des "idées reçues" de notre temps".


Autre lien : - Hors-saison

 - Umberto Eco

Mardi 27 octobre 2009
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Réflexions de retraité - Voir les 4 commentaires
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La Collection Découvertes/Gallimard s´adresse autant aux adultes qu´aux adolescents. L´illustration est privilégiée, mais le texte n´est pas oublié, bien au contraire. Court et précis, il met remarquablement en valeur le document sélectionné. La vie culturelle dans la France occupée,Olivier Barrot et Raymond Chirat (2009, 160 pages, 14,50 €) est a cet égard admirable. Il ne contient pas moins de 175 documents. Mais l´ouvrage montre aussi à l´évidence que pour être véritablement compris, le document doit être commenté et replacé dans son contexte, ce que font à merveille Olivier Barrot et Raymond Chirat. C´est dire que l´illustration ne prend son sens que grâce au texte qui l´accompagne. C´est aussi, en conséquence, une belle leçon qu´ils donnent à ceux et celles qui croient que d´être entré dans la civilisation de l´image dispenserait de lire.

Contrairement à ce que l´on croit savoir de cette époque qui s´efface inexorablement de la mémoire mais que l´Histoire n´a pas encore totalement digérée tant les zones d´ombres sont nombreuses, la France de 1940 à 45 n´était pas coupée en deux, avec d´un côté ceux qui collaboraient et de l´autre ceux qui résistaient, mais bien plutôt en trois, avec au milieu l´immense majorité qui, aux côtés de l´occupant, s´accomodait et composait ; - et qui, pour survivre, oublier et se distraire, fréquentait cinémas, théâtres et salles de concerts ; - ou dévorait ce que la presse et les maisons d´édition laissaient paraître, ou que les ondes diffusaient.

Ce petit volume sans prétention est salutaire. Il replace dans son contexte ce que la plupart des jeunes ont sûrement du mal aujourd´hui à imaginer, et ce que les anciens cherchent sans doute à ne pas trop rappeler. 

À lire donc, pour mieux comprendre cette époque douloureuse, et garder en mémoire cette terrible dernière phrase de La Peste de Camus alors que la foule en allégresse célèbre la victoire : Car [Rieux] savait ce que cette foule en joie ignorait, et que l´on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu´il peut rester pendant des dizaines d´années endormi dans les meubles et le linge, qu´il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l´enseignement des hommes, la peste réveilleraiet ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse". 

 

Autre lien : - Le journal d´Hélène Berr  
 - Le liseur 
   - Feuillets d´Hypnos

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Qui suis-je ?

Professeur francais retraité du Secondaire dans le système scolaire norvégien qui a effectué des remplacements à l´Université d´Oslo (UiO)  comme chargé de cours à tous les niveaux. 
Attaché linguistique / Lecteur itinérant ( reiselektor ) pendant cinq ans.

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