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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 15:29


Lecteur depuis l´adolescence, je suis relativement de près les dernières parutions, tous genres confondus. Mais j´avoue qu´un bon nombre d´ouvrages récents que certains critiques encensent ou que le grand public plébiscite me désolent profondément. Je préfère incontestablement approfondir les valeurs sûres et compléter mes lacunes en lisant enfin les auteurs que j´ai, par paresse, négligés, ou les oeuvres trop longtemps ignorées. Je ne donnerai aucun titre ni aucun nom, mais ils ou elles appartiennent aussi bien à l`Antiquité gréco-latine qu´au siècle dernier, et concernent toutes les époques et tous les continents. J´ai donc du pain sur la planche. Ce qui est loin de me déplaire. Mes journées ont besoin d´être remplies, mes nuits sont souvent longues à passer, et mon désir de lire est insatiable. Et puis, j´apprends ainsi à écrire.

Depuis peu, sur mon blog, "on" me sollicite à l´occasion. On souhaite notamment me citer. Pourquoi pas ? À vrai dire, me lit et me cite qui veut ; ce qui est sur le net ne m´appartient plus vraiment ; tout le monde et n´importe qui peut reprendre la phrase ou le paragraphe qui lui semble pertinent. Mon blog n´a jamais eu pour but essentiel - même si cela ne me déplaît pas - de me faire connaître à tous prix, mais de faire lire les oeuvres et les auteurs que je trouve dignes d´intérêt. Eventuellement, aussi, celles ou ceux que je n´ai pas aimés. Surtout si dans un commentaire on ajoute que j´ai été injustement sévère dans mon jugement. Mais je ne vois aucune utilité d´ajouter des notes aux billets que j´écris. Celles que je donne sur www.amazon.fr me suffisent.

C´est tout pour aujourd´hui. 


[illustration : Picasso Le Chef d´oeuvre inconnu]

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:16


À vous, internautes, de vous rendre sans tarder sur le site du Musée d´Orsay. L´exposition Max Ernst. "Une semaine de bonté". Les collages originaux est magnifique. Il vous suffit de cliquer sur le lien suivant : http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=649&L=&tx_ttnews[tt_news]=20484&no_cache=1
Puis de lire, un à un, les 5 volets que donne par ailleurs le site du musée en cliquant sur les mots vers la présentation détaillée.

 

Les détournements auxquels se livre Max Ernst à partir d´illustrations de Sade, Gustave Doré, Fantomas ou de couvertures de romans policiers de son époque sont merveilleux de malice et de dérision. Bien que d´une époque révolue, ces collages dénoncent sans concession la violence humaine et les forces incontrôlées de la nature des années 1930. Rien n´a vraiment changé. Les désastres du nouveau siècle naissant n´ont pas grand chose à envier à ceux du siècle précédent.


 
 




Bonne découverte !

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 13:22


Pour qui veut approfondir sa connaissance de l´oeuvre poétique de Paul Celan, l´essai que Jean-Michel Maulpoix vient de lui consacrer est essentiel. Il s´agit de Choix de poèmes de Paul Celan, (Foliothèque, 2009, 226 pages, 9,60 €). Il s´appuie sur le choix que Paul Celan lui-même avait effectué en 1967, et que la collection Poésie / Gallimard avait repris avec, comme traducteur et présentateur, Jean-Pierre Lefebvre.

L´intérêt de cet essai est majeur car il explique en termes simples mais non réducteur la poésie difficile et souvent qualifiée d´hermétique de Paul Celan. Il reprend tout de A à Z et notamment les données largement autobiographiques qu´on ne peut ignorer : la naissance en 1920 à Czernowitz en Bucovine, alors rattachée à la Roumanie ; sa judéité ; la langue allemande venue de la mère ; la mère assassinée par les nazis ; la date du 20 janvier, qui renvoie à la conférence de Wannsee  et "la solution finale de la question juive" en 1942, mais aussi au début de la première phrase de la nouvelle de Georg Büchner, Lenz ; le travail forcé au cours duquel il dut, pendant des mois, creuser, creuser et creuser ; les rendez-vous manqués avec Adorno et Heidegger ; l´infâme calomnie de plagiat orchestrée par la femme d´Ivan Goll ; l´importance de certaines lettres-poèmes ; la maladie et le délire. Mais plus encore que le rappel de ces données autobiographiques, relativement bien connues aujourd´hui, ce qui rend cet essai si précieux, c´est que Jean-Michel Maulpoix analyse avec pertinence en quoi certains mots de la poésie de Paul Celan, relativement peu nombreux, sont pourtant essentiels car ils ouvrent à des motifs récurrents qui, de poème en poème, tissent des liens de plus en plus complexes. Ils sont ce qu´il appelle des "points nodaux". Ainsi, par exemple, "cheveux" qui, devenus "bleus" et "de cendre", évoquent la couleur prise par les corps gazés ; ainsi "l´oeil bleu", qui n´est plus l´archétype lyrique de la naïveté et de la pureté, mais l´oeil froid du meurtrier. Ainsi également de la "rose", du "coeur", de l´"amande" et plus encore de la "mandorle", amande mystique dans laquelle apparaît le Christ de majesté du Jugement dernier, et qui, pour Celan, contient le néant.

À titre d´exemple de complexification constante, de creusement et de réfection du langage qui excluent tout recours au lyrisme éplorant, je donnerai un court extrait. Il est  tiré du poème "Strette". Il clôt le recueil paru en 1959 "Grille de parole" qui recourt à l´obscurité et qui, pour Paul Celan, est source de vérité. Ce terme désigne la partie terminale d´une fugue dans laquelle les entrées de sujet et réponse sont de plus en plus rapprochées. Le poème entier est relié au film d´Alain Resnais Nuit et Brouillard qui date de 1956. Entre l´ombre des bombardiers d´Hiroshima et la fumée des camps d´extermination, se profile la "table de mesure",  planchette topométrique des géomètres et qui, pour Jean-Pierre Lefebvre, connote les "technologies de l´inhumain". Ces explicitations, loin d´aplatir le poème, lui donnent une densité plus grande. Elles permettent de mieux comprendre que la poésie de Paul Celan est toute autre chose qu´une plainte ou un chant de consolation : elle est un devoir de mémoire ; et si de surcroît, elle apporte quelque apaisement, c´est de rendre justice en excluant tout lyrisme larmoyant.

                                                 Déferlé, déferlé.

                                                                             Et --

Nuits, dé-mêlées. Cercles,                                          

verts ou bleus, carrés

rouges : le

monde dans la
partie jouée avec les heures nouvelles
mise ce qu´il  a de plus intime. -- Cercles,
rouges ou noirs, carrés

clairs, pas

d´ombre de vol,

pas

de table de mesure, pas

l´âme de fumée qui monte et se joint au jeu.


 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 12:56
Le début de ce mois de juillet a été assez singulier. La chaleur était telle que l´on a frôlé la canicule, mais les spécialistes météo ont parlé d´un coup de chaud et refusé le mot que tout le monde employait. Ils ont eu raison : signes, présages, pressentiments et autres se sont ainsi accumulés au fil des derniers jours et l´orage a finalement éclaté, ce qui a rapidement fait baisser la température.

 Depuis lors, par intermittence, une pluie fine et chaude d´été adoucit l´atmosphère, ce qui permet aux roses de mon jardin du haut, entre entrée et fenêtre, de s´épanouir en toute splendeur ; elles montrent ainsi leur pure et limpide vigueur parmi le vert dru des feuilles. J´aime à penser que de cette façon elles retardent le début de leur déclin. Et par là même, de croire que mes roses sont semblables à certaines femmes dont quelques rides à peine esquissées autour des yeux et près des lèvres laissent à penser l´ardeur qui émanait sûrement d´elles du temps de leur pleine maturité.
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 12:45

Vivre dans le feu
de Marina Tsvetaeva (1892-1941), est un montage de textes de prose ordonné par Tzvetan Todorov (Biblio roman, 2008, 732 pages, 8 €). Il est essentiellement constitué d´extraits écrits au jour le jour et de lettres envoyées ou non à une multitude de correspondants poètes et écrivains auxquels elle déclare son amour après les avoir lus. On apprend ainsi beaucoup sur elle-même, sur ses "engouements" de toutes sortes, ses "idylles cérébrales", notamment Boris Pasternak ou Rainer Maria Rilke. C´est certes très bien fait. Mais ce montage autobiographique ne dit à peu près rien de l´importance que représente pour elle la seule poésie : elle ne fait que se raconter. C´est dire le côté décevant de l´entreprise..

On apprend tout ou presque de son existence quotidienne : son amour immodéré pour les mots dès sa plus tendre enfance, sa difficulté de vivre après la révolution d´Octobre, ses sympathies pour la contre-révolution, son engagement du côté des "Blancs", une fille morte de faim, ses exils à Prague puis en France, l´indifférence des écrivains français, l´hostilité des écrivains russes de l´émigration, la méfiance des écrivains soviétiques qui l´ignorent ou la dénigrent. Puis, après un premier refus de rentrer en Union soviétique, sa craintre de s´y rendre ; et pour finir, la vie sordide qui sera la sienne quand elle sera sur place dans la bourgade d´Elabouga. Ne restera alors pour elle qu´une issue : le suicide après une dernière lettre destinée à son fils Mour.

Cette autobiographie reconstituée par Tzvetan Todorov à partir des carnets et lettres de Marina Tsvetaeva est certes poignante, mais à aucun moment elle ne permet de soupçonner ce que peut être la fulgurance de sa poésie. Rien ne permet de vraiment comprendre ce qu´elle appelle l´être en opposition avec l´existence. Il faut donc prendre cette reconstitution uniquement pour ce qu´elle : l´hommage que Tzvetan Todorov rend à une exilée comme lui, et qui n´aimait la vie qu´a partir du moment où la création poétique lui permettait de la transfigurer.  

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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Critique littéraire
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 15:30

Il est des oeuvres qu´il m´est difficile d´aborder. Celle de Marina Tsvetaeva en fait partie. Entre sa poésie, son carnet et ses lettres enflammées à de très nombreux correspondants, poètes ou non, je ne sais ce qu´il convient de privilégier. Il est sûr que pour elle tout était mots, même si ceux en poésie étaient pour elle premiers. 

Pour l´heure je retiendrai un extrait d´une lettre de 1926 envoyée à Rainer Maria Rilke alors qu´elle vivait en France et lui en Suisse :  

"Quand je mets les bras autour du cou d´un ami, c´est naturel ; quand je me raconte, ça ne l´est déjà plus (même pour moi !). Et quand j´en fais un poème, cela redevient naturel. Donc, l´acte et le poème me donnent raison. L´entre-deux me condamne. C´est l´entre-deux qui est mensonge, pas moi. Quand je rapporte la vérité (les bras autour du cou), c´est un mensonge. Quand je la tais, c´est la vérité. Un droit intime au secret. Cela ne regarde personne, même pas le cou autour duquel j´ai noué mon bras.
     
[Traduction : Lily Denis]
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 10:03

Une mouette a établi son nid près de chez moi. Pour "célébrer" cet événement,  Le nid dans le feuillage de Georges Braque me semble parfait : "L´émotion ne s´ajoute ni ne s´imite. Elle est le germe, l´oeuvre est l´éclosion". (Du même Braque)

[Illustration : Georges Braque Le nid dans le feuillage, 1958)

Liens : - Lettera amorosa 
               - L´oiseau et son ombre
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:27

Théophile Gautier, comme poète, est surtout connu pour son recueil un peu froid Emaux et Camées. Jeune, il n´en a pas moins écrit de charmants petits poèmes. J´en donnerai pour preuve ces quatre vers extraits de "Le sentier" publié dans Premières poésies. Ils me vont tout à fait pour accompagner les deux boutons d´or qu´irradient le pied de mon pommier 
                                                                                      







La pâle violette, en son réduit obscur,
                           

Timide, essaie au jour son doux regard d´azur,

Et le gai bouton d´or, lumineuse parcelle.

Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.

Autre lien de fleurs : - D´un coeur simple

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 13:32
Les Allemands ont le tilleul.    
Il leur est naturel
de placer sous leur couvert
des bancs
et de s´y reposer,
pour converser familièrement
et d´oublier pour un moment
les chaleurs de l´été.

J´ai pour ma part un pommier.
Son port est rustique,
son auvent mal taillé ;
cela n´empêche
les oiseaux d´y aller.

Arceau de verdure
loin de toute rumeur
tu es commodité.

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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Réflexions de retraité
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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 12:53

Ma relation à la Saint-Jean est assez compliquée. J´ai essayé tout hier d´écrire quelques lignes ; j´ai dû y renoncer. Trop de contraires s´entremêlaient.

Une rose de mon jardin du haut devait servir d´illustration. Seule restera la rose prise à l´ombre, alors que le soleil ne l´étincelait pas. Aujourd´hui, j´ajouterai pour elle, un poème de "Pavot et Mémoire" du recueil "Choix de poèmes" que Paul Celan a lui-même réunis et que Jean-Pierre Lefebvre a traduits, présentés et commentés (Poésie/Gallimard) :

                Je suis seul

Je suis seul, je mets la fleur de cendre

dans le verre rempli de noirceur mûrie. Bouche soeur,

tu prononces un mot qui survit devant les fenêtres,
et sans un bruit, le long de moi, grimpe ce que je rêvais.

Je suis dans la pleine efflorescence de l´heure défleurie
et mets une gemme de côté pour un oiseau tardif :
il porte le flocon de neige sur la plume rouge vie ;
le grain de glace dans le bec, il arrive par l´été.

Par respect pour la langue de Celan, où tout est souffle et respiration, le voici en allemand  :

                  Ich bin allein,

Ich bin allein, ich stell die Aschenblume

ins Glas voll reifer Schwärze. Schwestermund,
du sprichst ein Wort, das fortlebt vor den Fenstern,
und lautlos klettert, was ich träumt, an mir empor.


Ich steh im Flor der abgeblühten Stunde

und spar ein Harz für einen späten Vogel :

er trägt die Flocke Schnee auf lebensroter Feder ;

das Körnchen Eis in Schnabel, kommt er durch den Sommer.



[Illustration du bas : Brancusi : La Muse]
       



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