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Citations

1) "Il y a plus de vérité dans les souvenirs que dans la notation quotidienne." (Roger Martin du Gard)

2) "L'enfance, c'est d'abord l'intensité." (Philippe Delerm)

3) "L'Art ne restitue pas le visible, il rend visible." (Paul Klee et Nathalie Sarraute)

4) "Il y a des jours où les citrouilles ne sont que des citrouilles." (Philippe Delerm)

Saveur des mots

Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 13:05
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Saveur des mots - Voir les 4 commentaires
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     Au seuil de l´hiver 
   
Ce brin de sorbier rouge           Bilde270
    Ravive l´amour

- Neige de janvier
  - Sorbiers épanouis
Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 10:57
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Saveur des mots - Voir les 4 commentaires
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Face à la neige qui tombe aujourd´hui en silence et emmitoufle peu à peu le ciel devant moi, voici trois réflexions en forme de maximes dont deux sur les livres et la lecture. Elles sont extraites du dernier essai de Christian Bobin Les ruines du ciel (Gallimard, 2009, 182 pages, 15,50 €). Il traite de la destruction de Port-Royal par Louis XIV et mêle à cette évocation "les signes de vie heureuse" quand par-dessus la page il lève les yeux :


"L´odeur de la jacinthe -- si forte qu´elle m´arrache au sortilège de ma lecture pour me faire admirer la grâce de son agonie".


"Les livres sont des cloîtres de papier. On peut s´y promener jour et nuit".









"Une neige qui ne tient pas au sol -- une religieuse morte au matin de sa prise d´habit".


                    * * *


À suivre.
Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 10:15
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Saveur des mots - Voir les 2 commentaires
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Il a beaucoup plu ces derniers jours. La presque canicule de la fin juin et du début de juillet est bien loin. Ce qui ne me déprime en rien. Bien au contraire. J´aime la pluie qui tombe, fine ou drue, ferme ou légère, et qui rénégère la terre assoiffée. Plusieurs de mes plantes ont pu ainsi se redresser, en particulier mon hortensia hydrangea serrata dit "bluebird" de mon petit jardin du haut près du mur en bois de ma voisine au chat Georg. Sa fleur bleue est certes un peu froide et pâle, mais quand ses pétales sont surmontés d´une ou deux gouttes de pluie, j´aime à penser que son inaccessibilité n´est finalement qu´apparente. J´y vois comme un appel d´ailleurs ; - il y a toutes sortes de sourires.

Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /2008 13:17
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Saveur des mots - Voir les commentaires
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Qui ne connaît Littré ? Sa photo le montre en homme austère et raide, assis bien droit dans un fauteuil au dossier ovale, la main cachée sous un gilet, les yeux cerclés de petites lunettes rondes. Un homme de sciences, donc. Lexicographe,  philologue, grammairien, et vers la fin de sa vie, Académicien et homme politique. Avant tout et de tous temps, positiviste. Et aussi, non pas selon Taine mais Pasteur interposé, Saint laïc. Mais quid de  l´homme ?

Alain Rey, l´homme du Grand et Petit Robert, vient d´ajouter à la biographie de l´homme Littré un récent chapitre. Bernard Pivot, à l´affût de tout ce qui concerne les bons mots, en a rendu compte dans une chronique plaisante. La voici rapportée. "Littré se livre à des débats indécents avec une domestique, qu´on imagine jeune et accorte. Sa sérieuse épouse s´en avise et, choquée, mais sans perdre son sang-froid : "Monsieur, je suis surprise". À quoi le philologue réplique : "Non, madame. Vous êtes étonnée. C´est nous qui sommes surpris." 

Le plus étonnant à mes yeux, - sinon à mes oreilles - , n´est pas tant l´anecdote elle-même que le moment où on la rapporte, à savoir 2008. Le XVIIIe était plus leste : Pangloss ne dédaignait pas de donner une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre ( ... ), petite brune très jolie et très docile. Fallait-il donc attendre si longtemps pour dévoiler un bon mot du grand homme ? Il avait certes raison de refuser de suivre l´Académie qui faisait à ses yeux trop grand cas de "la politesse de la langue",  mais il me semble qu´il aurait pu aussi, comme Furetière "en faire voir l´abondance", et donc introduire dans le dictionnaire l´expression amours ancillaires que l´on trouve dès 1855 dans les Causeries du Lundi de Sainte Beuve.

Peut-être par pudeur et retenue cherchait-il à mettre une distance entre la chose et les mots. Felix culpa. Sans doute aussi une manière de s´adapter aux moeurs et aux circonstances : Tempori servire.

 

Mais il paraît que c´était aussi un bout-en-train farfelu et excentrique. N´était-il pas  l´inventeur du gadget qui, placé dans la paume de la main et retenu par une bague passée à l´annulaire, faisait bzzz quand on pressait la main pour dire bonjour ?

Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /2008 17:44
- Par Bernard Olivier Lancelot - Publié dans : Saveur des mots - Voir les 1 commentaires
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Michel Maffesoli
, avec Iconologires sous-titré Nos idol@tries postmodernes ( Albin Michel, 2008, 246 pages, 18 € ), est ambitieux : il cherche à repérer les mythes les plus présents de l´actualité pour mieux les démystifier. Mais n´est pas Roland Barthes qui veut ( qu´il cite ), et pas davantage Umberto Eco ( qu´il ne cite pas ). Iconologies est bien loin de son modèle cité Mythologies, et plus encore des succulents À reculons comme une écrevisse et du Dire presque la même chose, tous deux d´Eco.

Michel Maffesoli assène, affirme sans se démonter et ne démontre rien. Sans s´en douter, il se range dans la catégorie de gens qu´il dénonce : un intellectuel de série B qui donne dans la "sottise de la bien-pensance" sous couvert de ne pas s´en laisser conter.

En trente huit articles de trois ou quatre pages chacun, rarement plus, Michel Maffesoli nous en jette plein la vue. S´il avait voulu nous éblouir, il n´aurait pas fait autrement. Il se gargarise de mots et de citations à l´emporte-pièce qui montrent, soyons crâne et juste, non pas le vide de sa pensée, mais l´étalage de son immense culture sociologique. Il cite en effet à profusion et à longueur de pages les sociologues des XIXe, XXe et même XXIe siècle naissant. Mais au lieu de montrer en quoi certains de ces chercheurs en sciences sociales ont réussi, selon la belle formulation de l´un des plus grands d´entre eux Max Weber à "être à la hauteur du quotidien", il les réduit à une formule de salon. Quand en plus il y va de la sienne, c´est pour le moins abscons. En témoigne cette phrase tirée de son chapitre MySpace : "Pour l´exprimer en termes topologiques, on peut dire que la technolgie moderne s´inscrivait dans la verticalité du savoir surplombant." Diable ! Je ne peux m´empêcher d´en citer une seconde : "Un mythe est transversal. ( ... ) Il n´a rien d´individuel. Il a une dimension archétypale que l´on pourrait, métaphoriquement, qualifier de génome de la nature humaine."  Qu´en termes simples ces choses-là sont dites.

Ceci dit, de l´Abbé Pierre à Zidane, en passant par Dumas ( Mireille ), Potter ( Harry ), Houellebecq et Bernard-Henri Lévy, Michel Maffesoli a aussi des envolées qui ne sont pas mal venues. Il a ses têtes de Turc. J´ai les miennes. J´aime assez ce qu´il dit de Bernard-Henri Lévy : "Pour montrer la densité de sa pensée, ce petit prince de la philosophie n´hésitait pas à offrir aux jeunettes en pâmoison, tel un jeune pélican en goguette, son torse dépoitraillé." C´est un peu long, mais ca donne une bonne idée du ton dans son ensemble : un plaisir minuscule à lire sur la plage, à défaut d´un roman plus sérieux.

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Qui suis-je ?

Professeur francais retraité du Secondaire dans le système scolaire norvégien qui a effectué des remplacements à l´Université d´Oslo (UiO)  comme chargé de cours à tous les niveaux. 
Attaché linguistique / Lecteur itinérant ( reiselektor ) pendant cinq ans.

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