Mardi 15 décembre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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L´hiver est bien là. La neige va sûrement tenir :

Quel chemin choisir
quand même le chat hésite
sortant de la brume
Liens :
-Hiver-ressourcement
- Robert
Walser en promenade
- Page tournée
?
Vendredi 11 décembre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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Dans Le "Livre III" de ses Essais, Montaigne aborde plusieurs fois la
vieillesse. Je n´exclus pas de relever un jour tous ces passages. Je me contenterai aujourd´hui de ce court extrait prêté, selon Ciceron, à Caton
l´Ancien :
"C´est grand simplesse (1), d´alonger et anticiper, comme chacun fait, les incommoditez humaines : J´ayme
mieux estre moins long temps vieil, que d´estre vieil, avant que de l´estre".
Sur des vers de Virgile, Essais III, V.
(1) sottise.
[illustration : Shel Silverstein]
Mercredi 9 décembre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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Goethe affirme dans son Voyage en Italie qu´on ne voit réellement que ce
qu´on dessine sur un carnet d´esquisses. N´ayant vraiment jamais su dessiner, j´avais toujours avec moi, dans mes voyages lointains ou non, un Rollei 35 pour photographier ce
qui attirait mon regard. Je ne voyage plus guère, mais désormais, j´ai constamment à portée de main, un minuscule portable pour prendre en photos ce que les lumières du jour ou de la nuit
me révèlent. C´est mon carnet de croquis.
À mon âge, je ne parlerai pas de jeunesse de l´oeil, mais j´ose penser avoir encore l´innocence du regard. Voici donc, à défaut de rendre compte de plusieurs livres que je lis en ce moment, mais
que je n´arrive pas à terminer tant ils sont indigents, deux photos de mon jardin qui s´apprête à passer l´hiver :
L´ocre et le bronze
dans le gris de décembre
cachent leur peine
Autres liens :
-Forêt d´ormes en automne
d´Edvard Munch
- Fruit qui
souffre
de Paul Klee
Lundi 7 décembre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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En écrivant avant hier dans le titre de mon billet du 5 décembre "suite et fin", je coyais de bonne foi en avoir terminé avec Christian
Bobin et ses ruines du
ciel. Mais la citation qui clôt ce billet m´en empêche. Christian Bobin affirme : "les fleurs dans les cimetières, par les cris de leurs
couleurs, empêchent le ciel de passer trop vite au-dessus des tombes".
Plus j´y pense et plus je trouve cette réflexion absurde et prétentieuse : les fleurs, même vives, ne peuvent pousser de cri; elles n´empêcheront jamais non plus les nuages de passer, même
au-dessus des tombes. Les fleurs coupées que les proches déposent juste après l´inhumation peuvent à la rigueur montrer de l´éclat, notamment quand la dominante est le rouge ou le blanc ;
mais ces teintes ne sont en rien des cris, bien au contraire ; elles évoquent plutôt des soupirs, qu´ils soient de souffrance ou de mélancolie, retenus ou non. Et quand un peu
plus tard on met en terre quelques plants pour décorer une tombe toute l´année, je vois mal en quoi ces modestes plants pourraient arrêter la marche du ciel
et des nuages.
Je dirai donc plutôt, osant contredire Christan Bobin : "Les fleurs dans les cimetières, par la grâce fragile de leurs couleurs, rappellent aux nuages qu´eux
aussi ne font que passer".
"J´adjouste mais je ne corrige
pas".
Autres liens :
- La "dorne" de
Madeleine
- Pivoines sur
piedouche de Manet
Samedi 5 décembre 2009
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Par Bernard Olivier Lancelot
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J´ai terminé hier, de Christian Bobin, Les ruines du ciel (Gallimard, 2009). J´avoue avoir été déçu. Il n´y a guère de nécessité dans ce livre, fait de maximes
personnelles reliées à l´évocation de la destruction de Port-Royal. L´influence de Pascal et de ses Pensées est manifeste. Mais Christian Bobin est loin
d´être à sa hauteur. Il passe sans cesse du coq à l´âne. Par décalcomanie avec le grand Pascal, j´oserai affirmer qu´il fait plus souvent l´âne que le coq.
Eclats de vie et flambées de mysticisme, ces fragments égrenés - autres plaisirs minuscules - sont loin d´assécher notre soif. Dans l´un de ces fragments, Bobin "demande à
un livre qu´il [lui] donne du courage et ne [le] trompe sur rien". C´est demander un peu trop : le meilleur livre, - comme la plus belle fille du monde -, ne peut donner
que ce qu´il a. Reste que sa fascination des nuages et des fleurs des champs ne laisse personne indifférent : "Les fleurs dans les cimetières, par les cris de leurs couleurs, empêchent le
ciel de passer trop vite au-dessus des tombes".