Ecrire un commentaire - Recommander - Communauté : Livres et souvenirs de lecture
Le Condor, de l´Autrichien Adalbert Stifter (1805-1868), est sa première oeuvre. Elle date de 1841 (Edition Jacqueline Chambon, 1998, Traduction de J.
Chambon, 47 pages, 5,20 €). C´est une courte nouvelle dans laquelle on trouve déjà, pour ceux qui connaissent un peu cet écrivain hors normes, tous les thèmes qu´il ne fera que
reprendre et développer de livres en livres : le goût des espaces infinis, la rêverie face à la nuit, l´amour de la peinture, la place de l´Art dans l´épanouissement de l´individu, l´importance de fonder une famille et de laisser derrière soi une descendance, quelles qu´elles soient : picturale, littéraire ou de leçons
d´éducation comme dans L´homme sans postérité et plus
encore dans L´Arrière-saison.
La nouvelle Le Condor a quatre chapitres intitulés chacun : Premier tableau - La nuit ; Deuxième tableau - Le jour ; Troisième tableau - Les fleurs ; Quatrième tableau - Les fruits.
Ces titres sont hautement symboliques, ainsi que le titre de toute la nouvelle : le Condor est un aéronef qui s´élève dans les airs. À son bord, deux hommes et une femme, Cornelia, qui cherche,
dans tous les sens du terme, à s´élever au dessus de sa condition de femme "sans renoncer pour autant à la vertu et à la féminité". À terre, un très jeune peintre amoureux d´elle,
anxieux de la savoir dans l´aéronef.
La femme sera comme châtiée d´avoir voulu aveuglément "s´élever au-dessus de son sexe". Quant au peintre Gustav, il finira par être reconnu. Avoir sacrifié son amour pour sa seule
peinture n´a donc pas été vain.
Autre lien : le site consacré à l´auteur.