Ecrire un commentaire - Recommander - Communauté : Livres et souvenirs de lecture
Si vous aimez les mots rares et vieillots qui évoquent la Renaissance épanouie de Ronsard et les joyeux lurons du temps de la Pléiade, les Mémoires de Marc-Antoine Muret de l´érudit Gérard Oberlé est à lire (Grasset, 2009, 275 pages, 18,50 €). Il imagine son héros décrivant ses frasques et les deux vies qu´il a menées, mêlant débauche et savoir, l´attrait des beaux garçons et les livres écrits ou non en latin. Il faut cependant avouer que pour apprécier pleinement ce roman, il est nécessaire de connaître assez bien le siècle ; il faut aussi avoir son dictionnaire près de soi car qui aujourd´hui se souvient de ce qu´est un palestre, le fourniment ou un nocher ? Mais il est certain qu´entendre un malandrin dépoitraillé déclarer à Muret : "Par Foutaquin, mon vénérable patron, tu as vu ce gaudichon fanfreluché, cette vétuste couillasse plus emperlousée, plus enguirlandée qu´un reliquaire" fait sourire. Il est évident que l´érudit Gérard Oberlé s´amuse et qu´il voit en ce Marc-Antoine Muret un autre lui-même. Mais il finit par lasser. L´ouvrage est certes plaisant car il décrit avec verve un siècle baroque et de contrastes ; il est cependant évident que ce Marc-Antoine Muret, proche de Ronsard,et ayant eu plus tard le jeune Montaigne comme élève, n´a pas leur profondeur. Les extraits donnés au début de chaque chapitre sont là pour le prouver.
À la lassitude due au style un peu trop empoulé s´ajoute un malaise plus grave : Muret a glorifié le massacre de la Saint Barthélemy. Le passage dans lequel il en parle est à l´évidence trop court : il se disculpe mal et ne convainc pas.
Reste que la langue est chatoyante et plaisante, mais la pensée fait défaut : il n´y dans ce roman enjoué aucune réflexion sur ce siècle si riche et contrasté. C´est dire que l´érudition d´Oberlé tourne un peu à vide. N´est pas Montaigne qui veut.
Autres liens, par analogie :
- L´oeil du Bernin enfant
- L´énigme non révélé du Bernin
NB. Petit problème d´ordinateur : je n´arrive plus à mettre des liens. À suivre ...
Ferdinand Georg Waldmüller
(1793-1865). Mais les mots qu´il emploie font surtout penser aux touches que l´impressionniste