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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 11:55

La critique génétique a pour ambition de comprendre ce qu´est l´écriture littéraire. Elle s´appuie sur tous les avant-textes : manuscrits, brouillons, carnets de notes, carnets de voyages, carnets de travail, fiches de lectures, écrits de jeunesse, etc, etc,. Pierre-Marc de Biasi est certainement aujourd´hui son meilleur représentant. Sa connaissance de Gustave Flaubert est immense. 

 Mais il y a plus : il débusque aussi les clichés de notre époque. Le premier volume de son Lexique de actuel, sous-titré "Quelques idées reçues de notre temps", (Calmann-Lévy, 2005, 351 pages, 19,50 €) concilie modernité et érudition. Cet ouvrage mériterait d´être plus connu. C´est dire ce que cet  immense spécialiste de Flaubert ,  également chercheur au CNRS et producteur à France Culture, peut nous apporter sur Flaubert. Depuis une vingtaine d´années, il lui a consacré une bonne dizaine d´ouvrages, dont, de Gustave Flaubert, le prodigieux Voyage en Egypte (Grasset, 1991, 462 pages, 23 €), qui est la transcription intégrale du manuscrit original de Flaubert, et qu´il a établie et présentée de manière magistrale.

Son dernier essai, qui a pour titre Gustave Flaubert. Une manière spéciale de vivre (Grasset, 2009, 492 pages, 21,50 €) est à lire d´urgence, car il ne fait pas que dénoncer les pires clichés que la critique la plus éculée traîne derrière elle ; il renouvelle aussi considérablement notre connaissance que l´on peut avoir, et de l´homme, et de l´oeuvre ... Surtout, il met en évidence l´écrivain au travail, c´est-à-dire l´homme-plume qui sans cesse ni fin rature, et qui crypte dans ses phrases, non seulement ses lectures, mais aussi sa vie pour en faire les textes que l´on sait.

Je n´en dirai pas plus. À vous de lire et de prendre des notes. Puis de relire ce que vous avez sûrement déjà lu de Flaubert ou d´aborder ensuite d´un oeil nouveau ce que la connaissance érudite et intime de Pierre-Marc de Biasi permet de mieux cerner à défaut de totalement expliquer : que le sujet qui écrit est semblable à Janus. Il est double. Il ressent et ose être ce que sent son personnage. C´est l´instance dionysiaque de l´écriture. Et simultanément, il y a l´autre qui le regarde, le manipule et le régit pour maintenir la cohérence du texte. C´est l´instance apollinienne de l´écriture.

Il y aurait certes beaucoup plus à dire sur cet essai foisonnant et maîtrisé. Mais je préfère volontairement m´arrêter ici ; et me mettre à rêvasser ...

 

Ce sera tout pour aujourd´hui.

 

 



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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Critique littéraire
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