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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 10:52

AutomneJohnDonne

 

 

Comme l´affirme John Donne (1572-1631)  "Ne demandez jamais pour qui sonne le glas : il sonne pour vous."  Toute mort vous confronte à la vôtre.

 

 

Liens :

 - La mort d´Ivan Ilitch  

   - Tolstoï, le pas de l´ogre

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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Réflexions de retraité
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commentaires

BOL 18/10/2011 20:10



Jean-Ollivier, merci pour ces extraits. Pour vous et beaucoup d´autres, voici quelques vers du Nobel Joseph Brodsky tirés de sa belle Élégie à
John Donne :


Tu as vu toutes les mers, et tous les pays lointains.


Tu as vu l´enfer en toi et chez les hommes.


Et tu as vu devant toi le paradis transparent


enchâssé dans la ronde triste des passions.


Tu l´as vu : la vie ressemble à une île.


Et tu parlais sans cesse avec cet Océan.


Le monde n´est que ténèbres et noirs hurlements.


Traduction : Jean-Jacques Marie    



Jean-ollivier 18/10/2011 16:23



 


Bonjour, cette phrase célèbre de Donne est suvent prise pour un "memento mori". C'est ça, mais c'est aussi autre chose. Voici des extraits de la traduction de la Meditation XVII


Il se peut que celui pour qui sonne le glas soit malade au point de ne pas savoir qu’il sonne pour lui, tout comme il se peut que je me croie tant aller mieux que je ne vais, que ceux qui
m’entourent et qui voient mon état l’ont peut-être fait sonner pour moi, sans que j’en sache rien. [...] lorsqu’elle enterre un homme, cet acte me touche, car toute l’espèce humaine est en un
seul volume ; quand un homme meurt, le chapitre ne s’arrache pas du livre, il est plutôt traduit en meilleur langage, et chaque chapitre doit être ainsi traduit. Dieu emploie plusieurs
traducteurs, pour certains c’est le fait de l’âge, pour d’autres celui de la maladie, d’aucuns par la guerre, d’autres par voie de justice ; mais Dieu met la main à toutes les traductions, et sa
main reliera nos feuilles éparses en cette bibliothèque où chaque livre reposera ouvert à l’autre.
[ … ] Aucun homme n’est une île, complet en soi, chaque homme est un morceau du continent, une partie de l’ensemble. Qu’une motte de terre soit balayée par la mer, et l’Europe est amoindrie, tout
autant que si c’était un promontoire, voire la maison de tes amis ou la tienne propre : la mort de chaque humain m’amenuise, car je suis inclus dans l’humanité, et donc ne va jamais demander pour
qui sonne le glas, il sonne pour toi. [ … ] Qu’un homme ait un trésor en lingot ou en bloc d’or, et qu’il n’en ait rien monnayé, son trésor ne lui sera d’aucune utilité pour le voyage. Le malheur
est par nature un trésor, mais il n’apporte rien d’autre que de nous rapprocher de notre demeure, le ciel. Un autre humain peut être malade, malade à en mourir, et cette douleur pourra être dans
ses tripes comme l’or dans une mine, et ne lui servir de rien, mais le glas qui me dit sa douleur extrait cet or et me le remet, en ce sens que prenant en compte le danger que court un autre,
j’envisage le mien propre, et par là m’assure en recourant à Dieu, notre seule assurance.
 Et en anglais la partie la plus célèbre : No man is an island, entire of itself; every man is a piece of the continent, a part of the main. If a clod be washed away by the sea,
Europe is the less, as well as if a promontory were, as well as if a manor of thy friend's or of thine own were: any man's death diminishes me, because I am involved in mankind, and therefore
never send to know for whom the bells tolls; it tolls for thee.



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