À la veille de la Saint-Jean, je tenais à relire Pan de Knut Hamsun car aucun texte, à ma connaissance, n´a su mieux que lui décrire la
lumière des nuits d´été du Nordland dans la Norvège du nord. Plusieurs peintres ont depuis longtemps tenter d´illustrer ce pouvoir de transposition qui abolit toutes les distances. Le meilleur
est à mes yeux le Nordlandais Oscar Bodøgaard (né à Bodø en 1923). C´est que, à la différence des autres, il a su exprimer par la
couleur pure ce que Hamsun cherchait à dire par les mots et le rythme.
Ainsi Soleil de nuit, peint alors que le peintre avait 80 ans. Et pourquoi cela ? Parce que le jaune d´or du soleil et le bleu de la mer qui s´effleurent avant
de s´élever sur le fond de quelques touches d´un autre bleu qui désigne le ciel sont ce qui, à mon sens, rendent le mieux les intentions panthéistes de Pan.
Cela dit, pour qui veut découvrir la prose à la fois lyrique et réaliste de Knut Hamsun,
L´Eveil de la
glèbe (de 1917) est un excellent roman. Ainsi que Victoria (de 1898), bien que légèrement en-dessous.
Faim
(plutôt que "La" Faim) est encore autre chose. Publié en 1890, il lui a valu la renommée. Ce texte (plutôt que roman) ouvre la littérature à une certaine modernité car il
cherche à rendre compte "de la vie inconsciente de l´âme". Il rappelle, de plus, la manière de certains textes du Suédois Strindberg.
Pour l´heure, sur Pan (publié en 1894), il faudra se contenter de ces quelques lignes. Mais je compte bien y revenir car ma lecture des jours derniers m´a révélé que ce texte
est bien plus complexe et beaucoup plus riche que je n´avais jusqu´à présent soupçonné.