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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 12:37

En cliquant sur le lien indiqué par reine Claude, lectrice et conseillère, que je redonne ici, - http://pagesperso-orange.fr/chabrieres/texts/consolation.html -,

j´ai relu récemment, du Suédois Stig Dagerman : Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Ce texte, très court et fort beau, est sans concession : il permet de comprendre en une dizaine de pages pourquoi Stig Dagerman s´est voué par dignité au silence après avoir tant écrit de textes haletants dans lesquels l´indignation morale [se mêle au] plaisir d´écrire ( pour citer Emmanuel Todd, qui présentait ainsi au public français, en 1980, Automne allemand écrit en 1947 au sortir de la guerre ).

Ce texte est si bien écrit qu´il m´a donné envie de lire plusieurs nouvelles récemment republiées et recueillies sous le titre Tuer un enfant (Agone, 2007, 139 pages, 15 €) et traduites par Elisabeth Backlund.

Comme le texte quasi testament Notre besoin de consolation ... , ce recueil de nouvelles montre à l´évidence que l´écriture de Stig Dagerman, est commandée par la même nécessité qui est à l´origine des thèmes de ses romans : la solitude de l´enfant délaissé, la présence de la mort, l´angoisse d´exister, le sentiment d´humiliation, la honte de la pauvreté. L´humour et l´ironie sur soi affleurent quelquefois. Mais on sent bien que le substrat autobiographique est toujours sous-jacent. Ces textes ne peuvent donc être lus qu´à petites doses et lentement. Ils abordent un essentiel indéniable que certains enfants peuvent ressentir, quand, durant "les jeux de la nuit", ils cherchent à savoir où "le silence était assis." Ce silence est sans conteste comparable à celui qu´Ingmar Bergman a restitué dans la plupart de ses films, dont Fanny et Alexandre , que j´ai revu relativement récemment.

L´investissement de soi est présent dans chaque phrase. J´y vois une nécessité aussi grande que celle qui ressort du poète Paul Celan : la joie d´écrire sur la souffrance, le désir de témoigner sans fioriture ; - et la marque d´un manque indélébile
: celui, entre autres, de la mère.

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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Nouvelles - Récits
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