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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 17:29


À Saint-Rémy-de-Provence, de mai 1888 à mai 1889, van Gogh est plusieurs fois confiné dans sa chambre malgré lui. Entre des crises majeures, il peint ce qu´il voit de sa fenêtre. Il supprime les barreaux. En un beau raccourci, il intitule l´une de ces toiles, Le faucheur. Devant ce qu´il en dit dans une lettre, je ne me sens pas de taille à ajouter quoi que ce soit :

"J´y vis alors dans ce faucheur - vague figure qui lutte comme un diable en pleine chaleur pour venir à bout de sa besogne - j´y vis alors l´image de la mort, dans ce sens que l´humanité serait le blé qu´on fauche. C´est donc, si tu veux, l´opposition de ce semeur que j´avais essayé auparavant. Mais dans cette mort rien de triste, cela se passe en pleine lumière avec un soleil qui inonde tout d´une lumière d´or fin ... c´est une image de la mort telle que nous en parle le grand livre de la nature, mais ce que j´ai cherché c´est le presque en souriant. " (Cité par Jean Leymarie in Qui était van Gogh, Skira, 1968 )

Avec l´allusion au Semeur, tout Millet ou presque est présent.
Monticelli aussi, avec le soleil qui inonde tout.
Plus tard, Vlaminck l´instinctif, qui apprendra comme van Gogh à composer, lui rendra un bel hommage avec ses Ramasseurs de pommes de terre

Le 27 juillet 1890, van Gogh tentera de se suicider. Il mourra deux jours plus tard, sans que personne n´ait songé à le soigner, tant il paraissait apaisé, détaché, presque heureux.  Antonin Arthaud écrira : "Si je me tue, ce ne sera pas pour me détruire, mais pour me reconstituer."

[ Autre titre de ce tableau : Champ de blé avec faucheur


  

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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Peinture
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