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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 11:31

PeluresGrass.jpg

On n´écrit pas des confessions sans le désir de se disculper par l´aveu. Si on continue cependant de lire aujourd´hui Les Confessions de Rousseau, c´est qu´elles sont une découverte de soi par l´écriture. Rien de tel pour Pelures d´oignon de Günter Grass ( Seuil, 2007 pour la traduction francaise, 411 pages, 22,80 €). Quoi que Günter Grass laisse entendre, il est quasiment impossible de croire à sa sincérité quand il incrimine sa jeunesse et sa naïveté pour expliquer son engagement dans la Waffen-SS en 1944, alors qu´il avait 15-17 ans. Son engagement n´est en rien fortuit, mais bien au contraire celui déjà d´un petit intellectuel muri et volontaire qui croyait sentir le vent du bon côté , - et sortir ainsi coûte que coûte de la médiocrité de son milieu d´origine et de la courte vue d´un père honni.

La métaphore de l´oignon dont use et abuse Günter Grass tout au long de ces 400 pages est d´une platitude sans nom. Elle ne cache aucune honte. Elle étale et ressasse au contraire ce qu´il voudrait encore cacher : une complaisance pour ce qu´il a alors vécu et repris tout au long de sa vie de romancier et plus tard d´intellectuel social-démocrate, permettant à ses contemporains ayant vécu ou non la honte du nazisme, de se donner une bonne conscience à bon marché. Comme si un intellectuel repentant pouvait à lui seul donner le change. Ce livre faussement confessions confirme même plutôt que le renoncement à cacher plus longtemps un silence de soixante ans n´était plus tenable, - et que la raison véritable à le publier aussi rapidement était simplement de prendre les devants sur ce que les biographes du Nobel de littérature 1999 allaient bientôt révéler : un engagement volontaire dans la Waffen-SS. Quoi qu´il dise aujourd´hui.

Ce livre est affigeant. Non seulement Günter Grass n´a plus rien de l´écrivain inspiré, mais il il laisse à penser que son engagement suivant pour la social-démocratie était une nouvelle pose destinée à le racheter. 

Jamais un livre ne m´a paru aussi peu nécessaire

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Published by Bernard Olivier Lancelot - dans Nouvelles - Récits
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